Pourquoi est-il si difficile de penser à soi quand on a toujours pris soin des autres

Prendre soin des autres peut sembler naturel.

Être présente pour son conjoint, ses enfants, ses parents, ses proches. Écouter, aider, organiser, anticiper, rassurer.

Au fil du temps, on peut prendre l’habitude de penser aux besoins de chacun avant de penser aux siens.

Et puis, un jour, une question peut apparaître :

« Et moi, dans tout ça ? »

Parfois, on ne sait même plus vraiment répondre.

On sait ce que les autres attendent de nous. On connaît les rendez-vous, les obligations, les besoins de chacun. On pense à tout.

Mais lorsqu’il s’agit de soi, c’est plus difficile.

De quoi ai-je besoin ?

Qu’est-ce qui me ferait du bien ?

Qu’est-ce que j’ai réellement envie de faire ?

Ces questions peuvent sembler simples. Pourtant, lorsqu’on a passé beaucoup de temps à prendre soin des autres, elles peuvent devenir étonnamment difficiles.

Prendre soin des autres : quand cela devient une habitude

Être attentive aux autres n’est évidemment pas un problème en soi.

La solidarité, l’attention, l’empathie et la générosité sont de belles qualités.

La difficulté apparaît lorsque prendre soin des autres devient systématiquement plus important que prendre soin de soi.

On peut alors fonctionner en permanence dans l’anticipation :

  • penser aux besoins de chacun ;
  • organiser les journées ;
  • rendre service ;
  • éviter les conflits ;
  • être disponible ;
  • répondre rapidement aux demandes ;
  • prendre sur soi ;
  • repousser ses propres besoins.

Au début, cela peut sembler normal.

Puis cette façon de fonctionner peut devenir tellement habituelle qu’on ne se demande même plus si elle nous convient.

On fait.

On gère.

On avance.

Et on recommence.

Pourquoi pense-t-on si facilement aux autres avant soi ?

Il n’existe pas une seule explication.

Certaines personnes ont appris très tôt à être autonomes, responsables ou à ne pas « déranger ».

D’autres ont pris l’habitude d’être celles sur qui tout le monde peut compter.

Parfois, on a peur de décevoir.

Parfois, on recherche l’approbation.

Parfois encore, dire non déclenche une sensation de culpabilité.

Et dans certaines relations, notamment lorsqu’elles sont déséquilibrées ou toxiques, il peut devenir particulièrement difficile de faire entendre ses propres besoins.

On peut alors finir par confondre :

être disponible pour les autres

et

être responsable du bien-être des autres.

Ce sont pourtant deux choses différentes.

« Je n’ai pas le temps de penser à moi »

C’est une phrase que beaucoup de personnes prononcent.

C’est souvent une réalité.

Entre le travail, la famille, les enfants, les tâches quotidiennes et les imprévus, les journées sont déjà bien remplies.

Mais il peut aussi être intéressant de regarder ce qui se cache derrière cette phrase.

Car penser à soi ne signifie pas nécessairement prendre une journée entière pour soi, partir en vacances ou tout arrêter.

Cela peut commencer beaucoup plus simplement.

Se demander :

« Comment est-ce que je vais aujourd’hui ? »

« De quoi ai-je besoin ? »

« Est-ce que j’ai vraiment envie de dire oui ? »

« Qu’est-ce qui me ferait du bien aujourd’hui ? »

Prendre soin de soi commence parfois par le fait de se poser la question.

Pourquoi prendre du temps pour soi peut-il provoquer de la culpabilité ?

C’est un paradoxe fréquent.

On peut être capable de consacrer du temps aux autres sans difficulté.

Mais dès qu’il s’agit de soi, une petite voix apparaît :

« Je devrais plutôt faire autre chose. »

« Il y a plus important. »

« Je n’ai pas le droit de me plaindre. »

« D’autres ont davantage besoin de moi. »

« Je pourrai penser à moi plus tard. »

Cette culpabilité ne signifie pas nécessairement que vous faites quelque chose de mal.

Elle peut simplement être le signe que vous êtes en train de sortir d’une habitude profondément installée.

Lorsque l’on a longtemps placé les besoins des autres en priorité, prendre sa place peut sembler égoïste alors que cela ne l’est pas.

Se préserver n’est pas être égoïste

Prendre soin de soi n’est pas l’opposé de prendre soin des autres.

C’est aussi reconnaître que nous avons des besoins, des limites, des émotions et une énergie qui ne sont pas illimités.

Dire :

« Aujourd’hui, je suis trop fatiguée pour le faire. »

n’est pas nécessairement un manque de générosité.

Dire :

« Je ne peux pas m’en occuper cette fois-ci. »

n’est pas abandonner les autres.

Et prendre quelques minutes pour soi ne signifie pas que l’on aime moins les personnes qui nous entourent.

Au contraire, apprendre à mieux respecter ses propres limites peut permettre de construire des relations plus équilibrées.

Quand le corps commence à envoyer des signaux

Il arrive que l’on continue longtemps à fonctionner ainsi.

Jusqu’à ce que le corps commence à attirer notre attention.

Fatigue.

Tensions.

Irritabilité.

Difficultés à récupérer.

Sensation d’être constamment sous pression.

Sommeil perturbé.

Difficulté à se concentrer.

Besoin de s’isoler.

Ces signes ne signifient pas automatiquement que l’on est en épuisement ou que l’on souffre d’un problème particulier.

Mais ils peuvent constituer des signaux à écouter.

Le corps et l’esprit ne sont pas séparés du reste de notre vie.

C’est aussi pour cette raison que les difficultés de sommeil peuvent parfois être influencées par ce que nous vivons dans la journée.

Si votre mental reste très actif le soir, vous pouvez également découvrir mon article consacré à comment calmer son mental avant de dormirhttps://www.serenitevous.fr/actualites/comment-calmer-son-mental-avant-de-dormir/

Et si vous aviez simplement oublié ce dont vous avez besoin ?

À force de répondre aux besoins des autres, il peut devenir difficile d’identifier les siens.

Vous savez peut-être très bien ce qui fait plaisir à votre entourage.

Mais lorsque quelqu’un vous demande :

« Qu’est-ce qui te ferait plaisir à toi ? »

Vous ne savez pas quoi répondre.

Ce n’est pas forcément parce que vous n’avez plus de désirs.

C’est parfois simplement parce que vous avez pris l’habitude de ne plus les écouter.

Retrouver ses besoins peut donc être une véritable démarche.

Commencer petit.

Observer ce qui nous apaise.

Ce qui nous fatigue.

Ce qui nous donne de l’énergie.

Ce qui nous met en tension.

Ce que nous acceptons alors que nous n’en avons pas envie.

Ce que nous faisons uniquement par peur de décevoir.

Petit à petit, ces observations permettent de mieux se connaître.

Prendre soin de soi ne commence pas forcément par « tout changer »

Lorsque l’on réalise que l’on s’est beaucoup oublié, on peut être tenté de vouloir tout modifier.

Changer son organisation.

Dire non à tout.

Prendre de la distance avec certaines personnes.

Changer de travail.

Tout remettre en question.

Mais il n’est pas nécessaire de tout bouleverser immédiatement.

Parfois, le premier changement consiste simplement à observer.

Observer ses réactions.

Ses émotions.

Ses besoins.

Ses limites.

Ses automatismes.

Et se demander :

« Est-ce que cette façon de fonctionner me convient encore aujourd’hui ? »

Cette question peut ouvrir beaucoup de choses.

Et si certaines relations vous empêchaient de penser à vous ?

Il est également important de ne pas considérer l’oubli de soi uniquement comme une question personnelle.

Notre environnement relationnel peut avoir une influence importante.

Dans certaines relations, on peut avoir l’impression qu’il faut constamment faire attention à ce que l’on dit.

Éviter les conflits.

Faire plaisir.

Se justifier.

Se rendre disponible.

Ou supporter des comportements qui nous font du mal.

Lorsque cette dynamique s’installe, penser à soi peut devenir particulièrement difficile.

On peut avoir peur de la réaction de l’autre.

Culpabiliser.

Douter de son propre ressenti.

Et finir par considérer ses propres besoins comme secondaires.

Dans ce type de situation, il peut être important de ne pas rester seule avec ses questionnements et de pouvoir en parler avec une personne de confiance ou un professionnel adapté.

Commencer à penser à soi sans culpabiliser

Vous n’avez pas besoin de devenir une autre personne.

Vous pouvez commencer par de petites questions.

Avant de dire oui

« Est-ce que j’en ai réellement envie ? »

« Est-ce que j’en ai l’énergie ? »

Lorsque vous êtes fatiguée

« Est-ce que je peux reporter cette tâche ? »

Lorsque quelqu’un vous demande quelque chose

« Est-ce que je peux prendre le temps d’y réfléchir avant de répondre ? »

Lorsque vous avez enfin un moment pour vous

« De quoi ai-je réellement besoin maintenant ? »

Ce sont de petites questions.

Mais elles permettent progressivement de remettre votre propre ressenti dans la conversation.

Penser à soi, ce n’est pas arrêter de penser aux autres

C’est peut-être la distinction la plus importante.

L’objectif n’est pas de devenir indifférente aux besoins des autres.

Il est de ne plus disparaître complètement derrière eux.

Vous pouvez être attentive sans être disponible en permanence.

Vous pouvez aider sans tout prendre en charge.

Vous pouvez aimer sans vous oublier.

Vous pouvez dire non sans rejeter l’autre.

Et vous pouvez prendre soin de vous sans avoir à vous justifier.

Votre bien-être mérite lui aussi une place.

Quand se faire accompagner ?

Parfois, on sait que quelque chose doit changer mais on ne sait pas par où commencer.

On peut comprendre intellectuellement qu’il faudrait davantage penser à soi, poser des limites ou prendre du recul.

Mais dans la réalité, c’est beaucoup plus difficile.

Parce que les habitudes sont anciennes.

Parce que la culpabilité est présente.

Parce que certaines relations rendent les choses complexes.

Parce que l’on a peur de décevoir.

Ou simplement parce que l’on est trop fatiguée pour savoir quoi faire.

Un accompagnement peut alors permettre de prendre un temps pour soi, de mettre des mots sur ce que l’on vit et d’avancer progressivement vers des changements qui correspondent à sa situation.

Il ne s’agit pas de vous dire ce que vous devez faire.

Mais de vous aider à mieux comprendre ce qui se passe pour vous et à retrouver vos propres repères.

FAQ – Penser à soi et prendre soin de soi

Pourquoi est-il si difficile de penser à soi ?

Lorsque l’on a pris l’habitude de répondre aux besoins des autres avant les siens, ce fonctionnement peut devenir automatique. La peur de décevoir, la culpabilité ou certaines habitudes relationnelles peuvent également rendre difficile le fait de se donner une place.

Comment apprendre à penser davantage à soi ?

Vous pouvez commencer par identifier vos besoins, vos limites et vos envies. Avant d’accepter une demande, prenez quelques instants pour vous demander si vous en avez réellement l’énergie ou l’envie.

Est-ce égoïste de penser à soi ?

Non. Prendre soin de soi ne signifie pas ne plus prendre soin des autres. Il s’agit de trouver un équilibre permettant de respecter également ses propres besoins et ses limites.

Pourquoi est-ce que je culpabilise quand je prends du temps pour moi ?

La culpabilité peut apparaître lorsqu’on a longtemps considéré les besoins des autres comme prioritaires. Lorsque l’on commence à modifier cette habitude, il est possible de ressentir une forme d’inconfort qui ne signifie pas pour autant que l’on fait quelque chose de mal.

Comment savoir si je me suis trop oubliée ?

Une fatigue importante, une irritabilité inhabituelle, la sensation d’être constamment sollicitée, des difficultés à récupérer ou le sentiment de ne plus savoir ce que l’on veut peuvent être des signaux qui invitent à s’interroger sur son équilibre de vie.

Et si vous vous accordiez enfin une place ?

Prendre soin des autres peut être profondément important.

Mais vous n’avez pas à disparaître derrière les besoins de ceux qui vous entourent.

Vous avez également le droit d’être fatiguée.

D’avoir besoin de calme.

De ne pas avoir envie.

De dire non.

De changer d’avis.

De prendre du temps pour vous.

Et surtout, vous avez le droit de vous demander ce dont vous avez besoin.

Peut-être que penser à soi ne commence pas par une grande décision.

Peut-être que cela commence simplement par une question :

« Et moi, de quoi ai-je besoin aujourd’hui ? »

Si cette question vous semble difficile à entendre ou si vous avez le sentiment de vous être éloignée de vous-même, vous pouvez prendre un temps pour en parler et être accompagnée dans cette réflexion.

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